Le Petit Bazar de Gaëtan
 

Carnets de Voyage

C'est ici l'antre du voyageur... La section de l'évasion, des souvenirs et des escapades, la section des vacances. Voyages à l'étranger, dans des contrées lointaines ou méconnues, ici s'étallerons mes souvenirs et impressions.

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Dernière MAJ : 11/07/2011

Capitole et Big Apple


Suite à l'heureuse opportunité d'aller parler de mon travail et écouter celui des autres à quelques kilomètres de Washington DC, USA, votre chroniqueur a décidé de repousser sa date de retour pour profiter de quelques jours à gambader joyeusement sur la pelouse du National Mall de Washington et remonter les interminables avenues new-yorkaises écrasées entre les immenses buildings...

ESV et National Harbor

Quelques mots, donc, sur ma conférence, un grand rendez-vous des biomécaniciens et des ingénieurs de l'automobile, vous savez, ces gens qui s'amusent avec des mannequins de crash-test ou qui développent des airbags super sécurisant ou qui inventent des systèmes d'aide à la conduite visant à sécuriser un peu plus le conducteur... L'ESV c'est donc 760 costards (ou robes) réunis dans un immense centre de conférence accueillant cinq ou six congrès en même temps, un hall d'exposition avec la moitié des constructeurs auto, les gens qui comptent dans l'industrie des équipementiers de sécurité, les agences de sécurité routière ; plus trois salons (dont une immense salle) pour des sessions de conférences simultanées. Le tout en anglais, dix minutes par conférencier et les questions qui vont bien derrière. Deux jours et demi de conférence, une journée d'introduction, un dîner de gala à 175$ que personne ne peut se payer, une passionante visite des locaux du UVa après deux heures de au travers des champs de bataille de la guerre de Secession, quelques bon repas quand même et la chance de profiter de National Harbor.
National Harbor est en gros une ville née il y a trois ans au milieu de nulle part, sur les rives du Potomac, Chisapeake Bay, sur la rive opposée d'Alexandria, à un peu plus d'une heure vingt en transports en commun (correspondances inclues) du centre de la capitale fédérale des USA, Washington DC. La ville se résume à un front de mer avec marina, une rue bordée de commerce et de restaurants, une jolie promenade et des pontons pour respirer l'air frais et voir les orages vous foncer dessus depuis l'autre rive, une platrée d'hôtels très très chers, et un centre des congrès doublé d'un hôtel à l'immense verrière. Autour vous avez donc un fleuve, une autoroute, un pont, de la forêt, et... c'est tout ? C'est tout. Un peu paumé, donc, mais bon, en conférence, il y a le centre de congrès qui vous intéresse, les restaurants tout près, et votre hôtel à trois minutes de marche de rayon. Et au besoin, vous traversez le fleuve en navette pour aller prendre un bon gueuleton à Alexandria, juste en face. Le gateau de crabe est délicieux et c'est la spécialité du coin, donc à ne pas rater.
Derrière les hôtels, il y a quand même des immeubles d'habitation et donc le soir c'est toujours noir de monde sur le bord du fleuve, les gens se baladent, vont manger une pizza ou faire un cinéma de plein air (POURQUOI ai-je eu le droit aux films d'Adam Sandler et pas à des choses regardables????) ou profiter des magasins ouverts. Bref, c'est assez vivant, même si tout est moderne et un peu trop propret pour avoir du charme (les flics se déplacent en Segway).

Washington extérieur jour

De jour, vous aurez toujours à faire et à voir à Washington. La ville est grande et en son coeur se trouve le National Mall, trois kilomètres d'herbe verte avec d'un côté le Capitole et son dome blanc magnifique, de l'autre le Lincoln Memorial sur les rives du fleuve, et la statue de ce cher Abraham qui serein contemple cette esplanade sertie en son centre du Monument, un gigantesque obélisque en haut duquel, paraît-il on peut monter. Et autour, tout le long du Mall, il y a... beaucoup de choses à voir. Déjà la Maison Blanche, encadrée d'agents de sécurité, dont le toit est parcouru par des agents de sécurité et dont l'accès est filtré par des agents de sécurité. Mais aussi plein de musées dont je reparlerai ensuite. Et plein de monuments, étalés depuis le Mall jusqu'aux abords du Potomac. Vous pouvez ainsi passer au pied des monuments dédiés aux victimes de la seconde guerre mondiale, de la guerre du Vietnam, de la guerre de Corée ; à quelques centaines de mètres du mémorial Lincoln se trouve le mémorial à la gloire de George Washington, sur la petite île du lac aménagé derrière le monument du Vietnam sont glorifiés les signataires de la charte de la déclaration d'indépendance de 1776... Bref, partout des monuments. Si vous revenez vers la maison blanche, vous longez en théorie l'hôtel Watergate, et si vous décidez d'aller plus loin vers l'Est, vous n'avez qu'à contourner l'élégant Capitole et vous passerez entre la Cour Suprême et la librairie du Congrès pour rejoindre le marché au fleur, spectacle juste surprenant qui vous ferait croire que vous n'avez pas quitté votre vieille Europe...
Il ne vous reste ensuite qu'à retourner à votre hôtel en coupant par Chinatown tout en faisant au besoin un gros détour par la gare centrale dont les différents hall se surplombent de forts jolis plafonds moulés.

Washington intérieur jour

Il fait moche, vous vous êtes pris une grosse averse le premier jour et ne souhaitez plus réitérer l'expérience ? Pas de souci, y'a moult musées à visiter ! Et pas que. Vous pouvez aller vous balader dans la librairie du Congrès (du moins le hall, la pièce renfermant les livres n'étant accessible que pour recherche et sinon visible de l'étage derrière de grosses vitres en verre).
Vous pouvez aussi vous lever tôt, traverser tout le Mall pour aller visiter le musée de l'Holocauste, gratuit, forcément pas très joyeux, mais très documenté et time-consumming. Puis vous pouvez aussi profiter de tous les autres musées gratuits de la Smithonean partout autour du Mall.
Le Musée de l'air et de l'espace regroupe un paquet d'avions mythiques, des morceaux d'avions, des pièces historiques de la conquête spatiale (les modules de retour sur Terre des missions Apollo, des bouts de fusée. Il y a plein à voir, plein de monde aussi, des espaces d'expo nombreux et noirs de monde, des films explicatifs globalement vieillots et pas très sexy (c'est l'un des musées les plus attractifs mais dans le même temps pas forcément le plus didactique ou interactif...). Néanmoins ça vaut le coup d'oeil, ça donne envie de voler plus haut et de regarder les étoiles. Et de se souvenir qu'on ne compte plus aller sur la Lune et que les seuls qui vont sur Mars ou notre petit satellite, ce sont des robots.
En sortant, vous avez le musée d'histoire américaine, pas forcément le plus foldingue non plus même si on y voit le drapeau américain originel, celui qui inspira l'hymne américain. S'y trouvent des galeries sur toutes les guerres où furent impliqués les USA - y compris la guerre de Sécession, des icônes culture pop passant du chapeau de MJ aux souliers de Dorothy du Magicien d'Oz.
Ailleurs, vous avez aussi le musée d'art, le musée des amérindiens et son architecture originale, le musée de sculpture, et puis, évidemment, le muséum d'histoire naturelle, immense et joyeusement fourni, où est exposé le plus gros diamant connu (le Hope Diamant, même qu'ils en parlent dans 'Titanic'), des os de dinosaure, des bebetes empayées, des minéraux, des fossiles, des squelettes (y compris celui d'un ancien conservateur accompagné de son fidèle toutou). Vous pouvez aussi y mener l'enquête en fin limiers pour reconstituer avec les méthodes de police criminelle l'histoire (réelle) de la vie et de la mort des premiers colons de la Chisapeake Bay, le tout basé sur les squelettes retrouvés au cours de fouilles, vous (re)découvrirez la techtonique des plaques et les courants marins via des projections sur globe, vous traverserez les vivarium, et j'en passe... puis vous vous ferez jeter dehors à l'heure de la fermeture... !

Washington extérieur nuit

Ayant été virés à l'extérieur, il vous restera donc à vous balader le soir venu dans la capitale. Alors y'a de belles choses à voir. Y compris le Capitole, fascinant et élégant, tout de blanc, imposant en bout de Mall, siège du constitutif et du législatif, immense bâtiment qui vous en mets plein la vue sans paraître mastoque. De nuit, c'est joli, le dôme éclairé se reflète dans les bassins qui devancent le bâtiment. Et si on se retourne, on découvre l'enfilade du Mall et l'immense National Monument qui se dresse droit vers le ciel et clignote en son sommet de loupiottes rouges.

Manhattan, extérieur jour

Après la capitale des USA, reste à en découvrir le coeur, New York, la grosse pomme, la nouvelle Amsterdam, la ville de la Statue de la liberté, des buildings et de tous les fantasmes du nouveau monde. Vingt-six ans de bourrage de crâne sur le rêve américain, sur cette mégapôle où tout peut arriver, la ville qui ne dort jamais, ses panoramas, ses légendes à chaque coin de rue relayées par Hollywood, la musique et la littérature... et c'est là que vous allez, en touriste, en parfait néophyte, avec à peine en tête une idée grossière de la géographie de la cité. Manhattan au centre, Brooklyn à l'Est, le New Jersey à l'Ouest, au-delà de l'Hudson sur lequel se posent les avions. Queen's à l'Est mais plus au Nord de Brooklyn. Un coup de Lonely Planet me permet de repérer le reste, Staten Island au Sud, le Bronx au Nord, pis tous les quartiers ensuite, Central Park sur la presqu'ile, les buildings au Sud, Chinatown...

Et après trois heures vingt de train et avoir contourné les suburbs déserts et abandonnés de Philadelphie, je débarque dans ce truc de fou nommé New York. Penn Station, la gare accolé au Madison Square Garden. Je sors de terre et des sous-terrains avec ma valise, entouré d'immeubles, avec les flots de taxis jaunes qui défilent sur la chaussée et les piétons en foule dense qui vont et viennent sur le trottoir. Ca paraît grand, je sais pas trop où je suis, ni où est le nord, le sud, l'est et l'ouest. J'essaie de repérer le nom des rues, la 7e Avenue, et tente de me repérer. Je lève le nez, et... oh ?... Mais, ce truc, ce serait pas l'Empire State Building ??? Le machin en haut duquel grimpe King Kong, le plus haut building de la ville, ce repère du paysage local, ce machin qui apparaît dans tous les films, que les méchants aliens font péter dans Independence Day ? Oui, c'est lui. Alors c'est pas sur la route de l'hôtel, mais fuck, je vais pas le laisser passer. Il fait beau, y'a ce truc incontournable devant moi, y'a du monde, ça sent le café chaud, la ville bat autour de mois, alors je fonce. Le carrefour suivant, ça sent bon la friture, et le type derrière sa petite remorque fait en effet frire lardons, oignons et tout ce qu'il faut pour un bon sandwich mexicain. Je m'ennivre de l'odeur qui succède au café, et en profite jusqu'à la prochaine ruelle où cette fois l'odeur est bien moins glorieuse. C'est après les yeux, la seconde sensation sensorielle de New York, plein d'odeurs variées qui vous chatouillent les narines. Je passe au pied de l'Empire State Building, très très grand pour le touriste tout petit que je suis. Puis je bifurque, et je redescends plein sud par une large artère pour rejoindre l'hôtel. La rue est large donc je profite des immeubles, des vues et tout. Je traverse bientôt Madison Square et sa statut originale toute blanche en plein milieu. Puis plus bas, je traverse Union Square, et transmets mes respects aux statues de Andy Warhol et d'Abraham Lincoln. Je traverse le marché aux fruits et légumes qui encadrent la place (qui a dit que les Américains mangeaient mal?), longe un McDo (qui a dit que...) puis arrive après une bonne heure de marche en tout à mon hôtel, où je règle, abandonne lâchement ma valise, et, plein d'entrain alors que midi sonne juste, JE PARS A L'ASSAUT DE LA VILLE !

Et c'est ainsi qu'on se retrouve à traverse ChinaTown, à passer à l'extrémité Ouest du Manhattan Bridge, à se balader sur federal Plaza, descendre jusqu'à Ground Zero, St-Paul et Financial District, flâner dans Battery Park, remonter sur Wall Street, Trinity Church, la pointe sud de Broadway, et j'en passe.

Ground Zero, c'est une zone immense, un chantier dont émergent plusieurs tours en construction, des structures, des grues. Des palissades partout avec les rendus numériques de la future zone ouverte au public. Le mémorial du 11-Septembre prendra jour ici sous peu, avec inauguration prévue dans quelques mois pour le dixième anniversaire des attentatS. Plus tard, les tours de bureaux encadreront une esplanade boisée au milieu de laquelle les fondations dans deux tours jumelles abattues seront visibles, formant une immense fosse transformée en fontaine, avec sur les rebords de marbre les noms des victimes des attentats de 1993 et 2001 inscrits. Deux musées provisoires, plus une fresque de bronze, sont aménagés alentours. Si forcément nombre de monde s'y presse tout en présentant un certain respect, les lieux sont en fin de compte assez impressionants, mais le plus marquant, en ce qui concerne les traces des attentats, sont ces inombrables plaques commémoratives que l'on ne manque pas de croiser en déambulant dans la ville, sur la devanture de chaque caserne de pompiers, à la mémoire d'un, deux ou plusieurs pompiers disparus au cours des opérations de secours de septembre 2001. Il y a d'abord ce constat, puis celui de la superficie en travaux qui vous fait prendre conscience de la dimension de la tragédie. Puis vous réalisez aussi que de multiples points de la ville, vous repérez déjà la Liberty Tower qui se construit. Vous savez qu'elle sera moins haute que les Twins, et qu'ainsi la tragédie devait être visible de toute la ville. Et on comprend un peu mieux, au-delà même du bilan humain, le traumatisme que ces attentats ont pu causer sur les New-Yorkais. Et l'un des autres détails assez hallucinants est de visiter, juste en face du chantier du WTC, de l'autre côté de la rue, au pied même du site des tours, la St-Paul Chapel et son cimetierre du XVIIIe siècle, inaugurée par George Washington lui-même, le plus ancien édifice de la ville, toujours debout, en bon état, avec des tombes avec des dates en 17**, en français, anglais et autres langues, préservées on ne sait trop comment de l'effondrement des tours...

A Battery Park, situé tout à la pointe sud de la ville, vous avez vue sur la baie, sur Lady Liberty, sur Ellis Island, Staten Island, Governor's Island, sur Jersey, et les ferrys qui sillonnent la baie. Vous pouvez aller visiter le Clinton Castle, ancien fort destiné à protégé la ville, reconverti en salle de concert, aquarium puis réhabilité en sa fonction initiale de fort, au milieu du parc où se bousculent joggers, touristes, artistes de rue et rabatteurs pour les ferrys à destination des quatre coins de la baie.

Wall Street est comme on la connait, coincée dans une rue finalement pas si large, essentiellement piétonnière, avec ses grandes colonnes et son fronton NEW YORK STOCK EXCHANGE. En face, un bâtment bas d'un grand financier de la première moitiée du XXe siècle - un bâtiment dit-on, pour montrer sa puissance : un petit machin de deux étages en plein Manhattan, qui pouvait se convertir, à l'instant où le désirait son propriétaire, à un immeuble de cinquante étages assorti d'une juteuse opération financière en regard du prix du m² du quartier...

Vous pouvez finir la balade par un détour au Pier 17, une ancienne jetée recouvertie en galerie commerciale, avec des trois-mâts et autres vieux bateaux accostés au quai en guise de musée maritime. Le tout est bloqué entre l'eau de l'East River et de l'autoroute aérienne qui longe les rives. Si vous retraversez, toutefois, vous vous baladerez dans le Lower East Manhattan, un quartier très sympathique de rues pavées, de bâtiments bas et d'anciens entrepots, de briquettes et de bâtisses à taille humaine, où fleurissent désormais les bars et restaurants, un coin qui change de l'activité frénétique toute proche des quartiers d'affaire. Et si vous remontez un sacré bout de temps vers le nord en restant sur la rive, d'abord vous aurez l'alignement des trois ponts Brooklyn-Manhattan-Williamsburg (au pied duquel vivait Noodles dans son film - si je l'avais noté avant de venir, j'y serai donc aussi allé); puis plus loin le bâtiment des Nations Unies, en rénovation. La visite est possible, mais ce n'est pas donné et vous devez passer par la fouille, la renonciation à vos liquides, vos armes, vos vices et vos envies terroristes avec des gardes pas commodes et un joli flicage. Alors même si je suis habité par de bonnes intentions, je refuse de me plier à tout cela. Je suis touriste, pas terroriste.

Central Park, extérieur jour

Central Park, c'est un immense jardin dans la ville, long, large, rempli d'écureuils et d'oiseaux multicolors, avec un zoo, des lacs, des dépalos, des mannèges pour les gosses, des calèches pour vos demandes en mariage, des sentiers pour le jogging, des bancs pour réfléchir au sens de la vie, des petites fontaines et robinets pour se désaltérer, des musiciens au bord des bassins, des promeneurs, des touristes égarés, des immeubles de brique rouge ou ocre qui émergent des arbres verts, un peu d'air frais et de nature à côté des tours de verre et d'acier. On y trouve aussi des statues à la gloire de Dickens ou à celle d'Alice au Pays des Merveilles (avec plein de gamins qui grimpent dessus) et ça permet surtout de se poser au calme pour écrire des cartes postales ou de se poser après sept heures de visites au Metropolitan Museum, situé en périphérie du parc...

Brooklyn, extérieur jour

Il y a des vues classiques de New York. Le panorama de la presqu'île vue depuis Staten Island, la statue de la liberté avec la ville derrière, l'Empire State Bulding vu depuis le Top of the Rock (sommet du Rockfellet Center, au pied duquel vous avez diffusion en live de Wimbledon)... Une autre vue typique est celle du pont de Brooklyn, et ses pierres sombres. Ce qui est bien, c'est que ce pont, ainsi que son voisin le Manhattan Bridge, peuvent se traverser à pieds... ce que je ne pouvais rater. D'autant... D'autant que juste de l'autre côté du pont se trouvent à portée d'yeux des panoramas qui servirent de décor à une légende nommée Il était une fois en Amérique. Pas étonnant, donc, que je trépine d'excitation ! Le pont de Brooklyn se traverse via une promenade juchée au centre du tablier, par dessus les voies automobiles. A gauche et droite nous avons donc, en contrebas les voitures, et pas de risque de vertige ou de peur de l'eau.... En plus vous avez la vue sur l'East-River, sur les paquebots de luxe qui s'arrivent à l'entrée de la rade de New York, les buildings partout, le pont lui-même, et son voisin. Vous pouvez le traverser en cinq minutes en faisant gaffe aux vélos qui déboulent à toute vitesse, ou passer une heure à cause de votre indécent besoin de tout photographier.

Puis vous arrivez dans Brooklyn, directement sur Washington Street. Et là votre fibre cinéphile frise l'hystérie, car dans l'alignement de la rue, vous avez la perspective la plus célèbre du film de Sergio Leone : les bâtiments de brique rouge au fond de la rue, et dans le prolongement de celle-ci, la pile métallique du Manhattan Bridge, et le ciel blanc derrière. Pour un peu, vous verriez Noodles, Max et leur petite bande passer devant sur un air de flute de pan... La rue est en travaux, des arbres ont poussé mais depuis le tournage de 1984 les choses n'ont pas tant bougé que ça. Puis vous descendez, vous sifflotez l'air du film (Morricone !) et partez sur votre droite pour ralier l'arcade qui passe sous le pont de Manhatthan, vous vous reculez un peu, puis de nouveau, replongez dans Il était une fois en Amérique. Vous verriez presque, pour un peu, Bugsy arriver en courant en vous pointant de son arme, et les cinq gamins qui détalent en courant. Les immeubles voisins sont les mêmes que dans le film, sinon qu'ils ont été rénovés et que les pierres ont été gratées. En passant sous l'arcade, vous découvrez en face de vous le même immeuble que dans le film avec la publicité de peinture presque effacée, vous longez ahuri une artiste habillée bizarrement jouant sur un piano en liberté (la ville s'amuse à déposer des pianos un peu partout qui ne cessent de changer de place - ceci permet de vous retrouver à tout instant, à l'improviste, avec des gens de toutes origines réunis autour d'un clavier, où un musicien amateur ou professionnel qui passait par là s'arrête quelques instant pour jouer et ravir son auditoire.) Dans le cas présent, le vacarme des métros sur le pont au-dessus vous assourdi presque mais peu importe, l'idée est originale. Un burger acheté à une petite échoppe plus tard, vous déambulez dans Brooklyn, rejoignez le parc public sous les piles du pont et découvrez la superbe vue du Sud Manhattan depuis les rives de l'East River. Vous longez les rives encore un peu, puis rebroussez chemin pour revenir à la presqu'il en prenant cette fois le Manhattan Bridge. Cette fois, vous vous promenez sur le côté du pont, avec les métros à votre droite, et les voitures au-dessus des rails. Et sur votre gauche, Brooklyn, le pont de Brooklyn, la ville, et de fort beaux points de vue. Puis enfin, vous atterrisez sur la presqu'il, survolant presque ChinaTown et ses rues colorées, pour boucler votre balade.

Staten Island, extérieur jour

Il y a plusieurs moyens de voir la Statue de la liberté : se lever tôt et acheter les billets à 25$ pour faire le tour, en bateau, des îles de la statue ou de Ellis Island, le point de passage des migrants ai siècle dernier. Ou alors renoncer à la foule (et la visite, certes), mais choisir de voir gratuitement la statue quasiment de son pied. Pour cela, il suffit de prendre le ferry de Staten Island, qui part toutes les 30 minutes depuis Battery Park. 25 minutes de traversée, vue sur la baie et salutations à la statue verte la plus célèbre du monde, offerte par les cocoricos aux yeah. Bartoldi au burin, Eiffel aux escalier intérieurs.
Une fois sur l'île, on peut se balader longtemps, ou souffler en observant la ville en face, et l'Empire State Building dans la brume. Néanmoins, avant que les jambes crient stop, vous aurez le temps de coutourner le stade de base-ball pour découvrir le mémorial local du 11-septembre, deux pages de béton, ouvertes telles des lettres dans l'axe de Manhattan et des tours jumelles, et sur chacun des murs, plusieurs dizaines de plaques en mémoire des victimes des attentats originaires de l'île. Au retour, vous êtes même accompagnés des gardes côtes, mais cela ne vous empêchera pas de saluer à nouveau Miss Liberty. Qui doit avoir des crampes dans le bras, à la longue.

New York, extérieur nuit

La nuit, le ciel est noir et les lumières s'allument. Alors du coup, le visage de la ville change et certains lieux deviennent incontournables. Premier d'entre eux, pas très utile de jour et noir de monde la nuit, Times Square. Le croisement de 7th Avenue, Brodway et 42nd Street. Des écrans partout, des LEDs, des loupiottes, de la lumière, de la consommation démesurée d'énergie qui fait passer Picadilly Circus à Londres pour une lampe de poche. Les magasins y sont ouvert jusqu'à pas d'heure (j'avais jamais fait les magasins à 22h30!), les théâtres un peu partout font la pub de leurs productions (Roi Lion, MamaMia, Wicked pour n'en citer que trois), et sinon c'est que de la pub lumineuse, des animations sur les écrans à deux balles, mais pour les photos c'est le pied. Une estrade a même été bâtie pour permettre de s'élever un peu au-dessus de la masse de touristes. Les couleurs sont chatoyantes, c'est plein de vie, les gens jouent aux pianos itinérants, c'est convivial, quoi. Pis en s'écartant d'un chouilla, vous pouvez voir l'Empire State Building illuminé, le Chrysler Building habillé de lumière, de même que les tours dominant Union Square et les grandes avenues quand vous rentrerez chez vous.

Si vous avez plusieurs soirs, retraverser l'East River semble incontournable, de nuit. Vous apprécierez les lumières de la ville, vous repérerez sans mal la Liberty Tower et ses grues de construction qui dominent les gratte-ciel voisins et une fois sur l'autre rive, en réitérant votre précédent itinéraire (voir plus haut), vous aurez le droit à de fort jolis instants. Depuis le pont ou depuis les rives, on ne se lasse pas de ces panoramas.

New York, intérieur jour

Que doit-on visiter à New York - ou plutôt qu'ai-je visité (il y a TROP à visiter, donc il fallait choisir) ?
On peut commencer par la bibliothèque publique, très pratique déjà car proposant des liaisons internet gratuites (y compris au touristes, faut juste réserver cinq minutes à l'avancer et donner son nom et zou 50 minutes gratuites par jour!), mais surtout car c'est fort joli, que c'est tout boisé, avec de grands lustes et des comptoirs tout vernis. Ah, et puis dans les salons annexes, vous avez quelques tableaux : outre celui de Milton dictant son Paradis Perdu, on trouvera aussi un portrait pied en cape du richissime John Jacob Astor, décédé en 1912 à bord du Titanic (souvenez vous, on parle de lui dans le film) !

Autre petit détour qui vaut le coup d'oeil, Grand Station, la gare au coeur de la ville, plus intéressante à tout point de vue que Penn Station. Grands escaliers, grand hall, architecture ample... ça vaut aussi celle de Washington.

Si enfin, il fait pas très beau; que monter en haut des building reviendrait à mettre la tête dans du brouillard et que la météo s'oppose à aller prendre le ferry pou Ellis Island, il vous rester le Metropolitan Museum. Vous pouvez y rester deux jours sans soucis. La preuve ? J'y suis resté deux jours ! En quelques mots, il y a déjà de quoi tenir deux à trois heures pour la seule section égyptienne, avec sarcophages, momies, temples rapatriés, amulettes, jarres, statuettes, William l'hippopotame, bas-reliefs, bijoux, maquettes vieilles de 3000 ans en parfait état. Derrière, une aile complète sur les intérieurs et le mobilier américain, un grand hall rempli de statues, des sections complètes sur le Moyen-Âge avec vitraux, autels, monuments funéraires rapportés d'Europe, armes et armures à travers les âges, puis - et là ça devient carrément dantesque les amis, la section des sculptures et peinture. Là, faut que je vous la fasse en deux temps. Déjà, vous avez la période "classique" avec Delatour, Vermeer, Rambrandt, le Greco, des Madones, des Jesus, des Van Eyck, Caravage, Rubens, Velasquez, Poussin, Dürer, Bruegel - et encore je résume. Déjà là vous êtes quasiment sonnés sur place car y'a une trentaine de salles, que partout il y en a à voir, et que le temps tourne. Si bien que déjà émerveillé, quand vous arrivez dans la section des sculptures et peintures européennes des XIX et début-XXe siècle, vous frisez l'épilepsie. Le musée ferme dans une heure; et l'aperçu des collections vous glace d'effroi. Et vous oblige à revenir dès le lendemain. Je vous expose le topo ? OK. Rodin, Renoir, Carpeaux, Dugas, Degas, Matisse, Cézanne, Monnet, Manet, Gaugin, Van Gogh, Turner, Courbet, Pissaro, Seurat, Cot, Lautrec, Picasso, Signac Delacroix. Plus d'autres. Donc, là, globalement, c'est feu d'artifice à chaque salle, vous vous perdez deux trois fois au milieu de tout cela, en essayant de suivre un ordre de visite défini. Mais vu que vous restez sur votre faim, je peux confirmer qu'en peinture, on n'a pas fini. Il y a aussi la galerie contemporaire : et là vous pouvez ajouter quelques Kandinski, Picasso, Goya, Miro, Dali, Magritte, Warhol, Pollock au milieu d'autres machins pas forcément connus mais néanmoins impressionants (des portaits criant de vérité, pointillistes aux côtés de machins plus... étranges).

Ca vous a plu, hein, vous en voulez encore ? Tant mieux. Il y a aussi l'aile Perse, sur le berceau de la civilisation, des babioles gravées d'écritures il y a 5000ans, des tables de comptes et des statuettes qui étaient déjà vieilles du temps des pharaons. Il y a aussi l'aile greco-romaine. Des statues - plein de statues, bronze et autres marbres - et des vases, des chapiteaux, des mosolés, des bustes, des guerriers, des bijoux, des amulettes, des splendeurs, des vasques, des mosaïques, des peintures murales... Et puis il y a la section indienne, aussi, ben voyons, avec les déesses à six bras, les Hanuman comme dans Bob et Bobette ; et puis l'aile asiatique - partiellement en restructuration et c'est tant mieux car il se fait tard et que vos petits pieds sont crevés. J'aurais pu aussi évoquer l'aile arabe qui rouvrira qu'en novembre et que je n'aurais pas eu le temps de visiter de toute façon, les arts décoratifs européens, les sections africaines et océaniques, les instruments de musique, les gravures et esquisses, les photos, l'expo sur les guitares... mais voilà, deux jours c'est très courts et j'avais quand même envie de voir New York un peu. Donc...

Donc il ne vous reste qu'à ressortir repus, prendre le temps de regarder les gens aller et venir devant le MET, et reprendre la route du sud via Central Park. après avoir longé les services culturels de l'ambassade de France.

Terre vue du ciel

Les balades en avion permettent toujours de voir de jolies choses si on met le nez au hublot. Point d'aurore boréale cette fois, l'aller s'était fait de jour et le retour par la route du sud, ne montant jamais à de hautes lattitudes. Néanmoins, les trajets yon-Francfort permettent de repérer Mont Blanc, Materhorn, et autres cités lacustres telles qu'Annecy, Genève, Zurich, Lucerne, et d'apprécier le paysage avec ou sans nuages. Le retour permet, de nuit, d'apprécier l'horizon coloré des lueurs du soleil ou le ciel étoilé, Antarès et le Scorpion parfaitement visibles !